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RESSOURCES EN EAU AU MAROC : QUEL MODELE DE DEVELOPPEMENT DE L’OFFRE ?


La politique des barrages a réussi mais a atteint ses limites ; le recours aux eaux non conventionnelles ne résoudra pas tous les problèmes.
La politique des barrages au Maroc a permis de sécuriser l'approvisionnement en eau potable des villes et d'étendre l'irrigation sur près de 700 000ha. Cependant, cette politique a atteint ses limites, car les ressources en eau de surface sont déjà en grande partie mobilisées, et les ressources en eau sont en diminution en raison du changement climatique. La construction de nouveaux grands barrages dans les bassins du centre et du sud qui sont déjà hydrologiquement clos ne peut donc pas être considérée comme une solution pertinente. Les meilleurs sites de barrages sont déjà équipés, et la construction de nouveaux barrages est très coûteuse (entre 1 et 2MMDH par ouvrage). De plus, de nombreux barrages collinaires déjà construits ne sont pas fonctionnels en raison de leur envasement et/ou du manque d'équipement en aval.
Il est donc essentiel d'optimiser le programme de construction de nouveaux barrages en ciblant ceux qui ont une efficacité certaine, une rentabilité économique prouvée, et un minimum d'impacts négatifs sur les plans social et environnemental. La priorité devrait être donnée à la réhabilitation et à l'opérationnalisation des barrages déjà construits.
Les interconnexions et transferts entre bassins peuvent permettre une plus grande flexibilité de gestion des barrages, mais la prudence est nécessaire quant à l'évaluation du volume transférable. Les coûts risquent d'être trop élevés en investissement et en exploitation (énergie de relevage), d'où la question de qui va payer. Il est donc crucial de permettre l'accès public aux études de justification économique et d'impact social et environnemental de ces grands ouvrages.
Le dessalement de l'eau de mer peut être une solution pour les besoins d'alimentation en eau potable et industrielle, mais le coût de l'eau dessalée reste encore très élevé (6DH/m3 rien que pour le coût d'exploitation) par rapport aux possibilités de sa valorisation agricole, sauf dans certaines zones particulières où sont pratiquées des cultures à très haute valeur ajoutée et où les agriculteurs ont la capacité à payer. Il ne faut donc pas trop compter sur le dessalement pour le comblement du déficit d'eau pour l'irrigation. Une politique volontariste de gestion de la demande d'eau d'irrigation est nécessaire.
La réutilisation des eaux usées épurées (REUE) peut être aussi une solution, mais les plus gros volumes d'eau usée sont produits dans les grandes villes côtières au niveau des exutoires en mer, ce qui rend le coût de leur mobilisation très élevé pour une utilisation à grande échelle, notamment pour un usage agricole. Pour les villes de l'intérieur, les stations d’épuration (STEP) ne produisent pas une eau conforme aux normes de rejet et encore moins aux normes d'irrigation qui sont plus strictes. Il est donc crucial d'imposer la REUE pour l'arrosage des espaces verts et de définir un cadre institutionnel et financier adéquat pour l'amélioration des niveaux de traitement des eaux usées permettant le développement de leur réutilisation en agriculture.

Pour en savoir plus :
- Note de synthèse du webinaire organisé le 28 novembre 2020 sur le thème : « Ressources en eau au Maroc : Quel modèle de développement de l’offre » : https://docs.google.com/document/d/1z4vyhsh8MbfYmUg4lLuEKFstO-5b-031/edit?usp=share_link&ouid=103235267744623677966&rtpof=true&sd=true

- Enregistrement vidéo du webinaire du 28 novembre 2020 :

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